Le somnambule francophile.

9082006

La catégorie « rencontres » que j’inaugure aujourd’hui avec ce court papier sera celle de courtes chroniques ou j’essaierai de rendre compte de quelques personnages croisés, afin de vous faire partager quelques instants leurs vies et de conférer à l’aperçu que j’en ai eu une (tres relative) immortalité…

Lorsque ce jeune homme d’une trentaine d’années est monté dans le bus (sur ma fameuse ligne 966), je l’ai pris pour ce qu’il est probablement. Un ouvrier venu de la campagne, de niveau de vie difficile et que le dur labeur fatigue plus que de raison. Il avait l’air à moitié endormit de ces gens constamment épuisés qui ne font jamais leur tâche que de manière somnambulique, qui paraissent subir leur vie quotidienne et chaque heure qui passe et chercher à chaque occasion qui se présente à rattraper un gouffre de retard de sommeil irremplissable.

La controleuse-vendeuse de billets de bus (En Chine, ou tout du moins a Pekin, on achète son billet dans le bus auprès d’une petite femme debordé qui passe son temps à courir de la première à la deuxième porte pour faire payer les nouveaux arrivants.) est passée et je lui ai acheté un billet et indiqué ma destination.

Apres que j’eus payé, ce jeune homme, assit devant moi, s’est retourné (lentement) et m’a demandé l’air un peu surprit si je parlais chinois. (À vrai dire, il n’était pas le seul à être surprit. Je le suis toujours moi-même lorsque j’indique quelque chose ou pose une question à de parfaits inconnus et n’ait meme pas besoin de répéter pour me faire comprendre.) J’ai repondu que oui (un peu) et il a reprit sa position initiale (me tournant le dos) en paraissant très profondément (et très lentement) réfléchir. Puis, il s’est a nouveau tourné vers moi, toujours avec lenteur, et m’a demandé d’où j’étais. J’ai repondu que j’étais français. Toujours de la meme façon, il a reprit sa position initiale, paraissant toujours réfléchir de manière intense. Puis, il s’est retourné vers moi encore, et m’a cité « Zi-Da-Nei » (Zidane en Chinois).

En général, quand les conversations commencent comme ça, je sais que je vais avoir droit à toute l’équipe de France, et qu’on va me dire qu’on aime beaucoup le foot francais, que les français jouent bien, et qu’on aime vraiment beaucoup Zidane et Thierry Henri… (Il y a quelques semaines encore, les gens ajoutaient qu’ils étaient vraiment désolé pour la coupe du monde…) Enfin bref, je m’attendais à passer un « sale quart d’heure » de politesse exquise et football international…

Effectivement, après s’etre encore (lentement) retourné et avoir (intensément) réfléchit, ce jeune homme m’a dit « Ti-Li An-Li » (Thierry henri) et s’est a nouveau retourné… J’attendais donc avec une certaine impatience Barthez et tous les autres. Mais le joueur suivant fut… Stendhal. Non non, ca n’est pas une blague. Le Stendhal du Rouge et du Noir, que mon surprenant compagnon s’est empressé de me citer. Avant de se retourner à nouveau (lentement) et de me citer… Victor Hugo et Notre Dame de Paris.

Effectivement, il avait bien lu ces deux ouvrages. Il m’a cité également un autre auteur, mais je n’ai pas reconnu son nom (Ça n’est pas toujours facile avec la prononciation chinoise). Vous imaginez ma surprise, croisant ainsi Hugo et Stendhal au fond d’un bus de Pekin. Je lui ai dit qu’il était tres cultivé, et il m’a répondu, d’un air à moitié fier à moitié voulant dire qu’il aurait pu (et toujours avec l’air endormit), qu’il n’avait jamais été à l’université.
Puis il est descendu du bus, sans doute pour reprendre un dur labeur.

Françaises, français, et autres francophones, assurez-vous de votre culture avant de partir à l’étranger, où les francophiles du monde entier se chargeront de vous faire la démonstration de votre ignorance!







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