Écran substanciel

22052007

La pluie tombe en cordes,

Elle se noue et dénoue, Volutes

Créant en l’air des océans suspendus.

 

S’y baignent les arbres des trottoirs,

Les poteaux électriques,

Et quelques passants malgré eux.

 

Elle offre à Pékin un rafraichissant grand ménage,

Et nous, humains emmarinés,

En observons hébétés les courants illusoires.

 

De ces lignes de cordes,

Elle encrypte le monde,

Derrière son écran substanciel.

 

Les feuilles neuves des arbres

Semblent lapper son lait

Dégoulinent de son jus parfumé.

 

Tout ce qu’il y a de vert semble sourire,

Les vieux batîments s’en accordent,

Tendant leurs toitures courbes vers le ciel.

 

Les neufs eux feignent l’indifférence, Ils

Ont usurpé l’espace de bien des branches,

Et n’ont guère d’espoir de se voir entendus.

 

Leurs grandes vitres savent, Qu’au lieu

De les laver la pluie les rendra sales, La gloire

Éphémère de leurs belles lumières ne les sauvera guère plus.

 

La pluie de cordes – indifférente,

Bat les frontons et les portes, Seuls

Les plus modestes n’y perdront point parure.

 

pluie pékin 22-05-07







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